Voies idéales, bien-aimées

 

J’ai toujours été préoccupée par la perte des racines et de la nostalgie. Cette inquiétude n’a cessé de grandir au fur et à mesure que je vivais loin de mon pays d’origine, la Grèce. Comment préserver un lien avec ses racines lorsque l’on vit loin de chez soi ? Comment palier au sentiment qu’inévitablement, avec la distance, une partie de notre identité initiale commence à disparaître ? Et comment faire le deuil de cet éloignement ?


Il y a une dizaine d’années, j’ai retrouvé mon vieil appareil photo familial caché au fond d’un tiroir, celui que nous prenions autrefois avec nous en famille pour immortaliser nos souvenirs de vacances. Je me suis donc mise à mon tour à photographier en argentique les retours en Grèce, mais également tout ce qui m’évoquait ces souvenirs que je retrouvais lors d’autres périples. D’une part pour tenter de préserver les ambiances méditerranéennes et cette identité grecque, mais également pour aller à la quête d’une insouciance telle qu’on est sensé la vivre lors des vacances.


Cependant, chaque voyage est toujours accompagné d’une d’étrangeté, d’une prise de conscience aigre-douce que cet éloignement est réel, qu’il faut accepter de vivre entre deux cultures sans jamais véritablement appartenir quelque part. Prendre des photos de ces retours est donc un cycle constant de deuil, d’acceptation, et de renaissance de cette distance et d’une nouvelle proximité.